Vie en camping-car

À bord de Léon

Vivre à bord d’un camping-car, ce n’est pas vraiment vivre comme à la maison en plus petit. C’est apprendre à faire autrement.

À deux dans 7,50 m, chaque chose finit par trouver sa place, on surveille un peu plus sa consommation d’eau et d’électricité, on apprend à anticiper… mais on gagne surtout quelque chose de difficile à mesurer : la possibilité de changer de jardin presque tous les jours.

01

Avant de partir : préparer sans tout prévoir

Chez nous, la préparation des grands voyages, c’est plutôt le domaine de Jean-Mi. Il commence par construire les grandes lignes avec A-contresens : budget, kilomètres, distances et lieux que nous aimerions découvrir. Puis il passe sur Polarsteps pour dessiner plus concrètement notre parcours.

Mais préparer ne veut surtout pas dire tout programmer ! Nous ne partons jamais avec un itinéraire fixé jour après jour, encore moins avec un endroit prévu pour dormir chaque soir.

Nous gardons volontairement plusieurs jours libres. Si un endroit nous plaît, nous voulons pouvoir y rester deux ou trois jours de plus sans avoir l’impression d’être « en retard ».

C’est probablement ce que nous aimons le plus : avoir une direction, mais garder la liberté de changer de plan.

Et une fois le parcours posé… reste à faire rentrer notre petite vie dans Léon. Entre les affaires de Jean-Mi et mes fameux « au cas où », c’est une autre histoire ! 😄

02

Faire rentrer notre vie dans Léon

Partir plusieurs semaines oblige à faire quelques choix. Enfin… surtout Jean-Mi ! Lui voyage léger côté vêtements. Moi, j’ai toujours quelques « au cas où » qui trouvent mystérieusement une place dans les placards. 😄

Côté nourriture, nous emportons une bonne base : quelques conserves, des pâtes à cuisson rapide — 3 minutes, c’est toujours ça de gaz économisé ! — et évidemment du beurre salé. Bretonne oblige.

Chacun a aussi ses indispensables : mon thé vert à la bergamote et, pour Jean-Mi, son petit carton de six bouteilles de vin. Nous n’avons visiblement pas la même définition des produits de première nécessité. 😂

On ajoute deux torchons, quatre serviettes, quelques bons bouquins, nos tablettes et leur collection de câbles et chargeurs. Sans oublier les jumelles du papa de Jean-Mi, qui voyagent toujours avec nous.

Dans la soute : table, deux fauteuils et leurs repose-pieds, compresseur pour les vélos, quelques outils et, sur les longs voyages, notre canoë gonflable. Un petit Tetris grandeur nature !

On ne cherche pas forcément à emporter le moins possible, mais ce qui nous est utile… ou nous fait plaisir.

03

Eau, énergie et autonomie

À la maison, on ouvre le robinet sans y penser. En camping-car, on apprend vite à compter un peu plus !

Léon embarque 130 litres d’eau propre pour 110 litres d’eaux grises. Nous refaisons généralement le plein tous les trois ou quatre jours et profitons de chaque occasion pour vidanger.

Nos habitudes changent aussi : hors camping ou aire, une douche tous les deux ou trois jours suffit et, entre-temps, la bonne vieille toilette au lavabo reprend du service.

Pour les toilettes, notre règle est simple : trois jours maximum pour la cassette, surtout en été. Avec la chaleur, inutile de développer… 😂 Et on n’oublie surtout pas l’Aqua Kem, le fameux produit bleu.

Côté énergie, le panneau solaire et nos déplacements réguliers permettent de recharger la batterie. Une soirée devant la télévision connectée peut néanmoins sérieusement entamer l’énergie… et les gigas internet ! Pour nous brancher, notre rallonge de 15 mètres nous suffit jusqu’ici.

Nous avons également fait installer le GPL dès l’achat de Léon et nous en sommes ravis. Reste un problème : savoir précisément ce qu’il reste. Et curieusement, le gaz préfère toujours tomber en panne la nuit, histoire que le réfrigérateur puisse nous réveiller en sonnant. 😴

Être autonome, c’est surtout apprendre à connaître ses réserves et ses consommations.

04

La vraie vie à bord

Nous arrivons généralement à notre étape en milieu ou fin d’après-midi. S’il fait beau et que l’endroit s’y prête, on sort table et fauteuils et on se pose : un petit verre de vin pour Jean-Mi, plutôt blanc, et pour moi un apéritif sans alcool ou un grand verre d’eau. L'eau est l'élément essentiel pour nous et les litres défilent.

Ensuite vient presque toujours le petit tour de reconnaissance : vérifier que l’endroit nous paraît tranquille, mais aussi découvrir les alentours et parfois repérer ce que nous visiterons le lendemain.

Près d’une ville, on part découvrir le centre, faire quelques courses, boire un verre… et jeter un œil aux magasins — enfin, surtout moi ! 😄 Dans la nature, ce sera plutôt une balade à pied ou avec nos vélos électriques.

Les vélos font vraiment partie de notre façon de voyager. Avec Léon et ses 7,50 m, plus les vélos à l’arrière, aller se garer en centre-ville n’est pas toujours une brillante idée. Une fois Léon posé, ce sont donc généralement les vélos ou nos jambes qui prennent le relais.

Le soir, nous mangeons assez léger, beaucoup de crudités et de légumes, avec bien sûr quelques restaurants pendant le voyage. Puis nous rentrons retrouver Léon.

Avant de dormir, il reste notre petit rituel : Jean-Mi raconte la journée sur Polarsteps, je relis puis j’ajoute les photos. De mon côté, je m’occupe aussi d’Instagram. Nos souvenirs commencent ainsi à s’écrire pendant que nous les vivons.

Nous sommes plutôt couche-tard : rarement au lit avant minuit en voyage.

Et le lendemain, on ouvre les rideaux sur un nouveau décor… C’est probablement là que nous sommes le plus heureux : sur la route avec Léon.